Prise en charge

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La prise en charge proposée lors de l’admission répond aux besoins prioritaires et spécifiques de chaque adolescent. Le projet individualisé est donc revu chaque année.

S’il est vrai que la prise en charge de l’adolescent fait référence à des modalités spécifiques (thérapeutique, éducative, scolaire, pré-professionnelle et sociale) qui varient elles-mêmes en fonction de la problématique de chacun, il n’en reste pas moins que la mise en œuvre de chaque projet individuel se fait dans une perspective globale.

Le projet individuel de l’adolescent s’élabore dès son admission. Les conclusions émises suite aux entretiens, les informations recueillies lors de la période d’observation ainsi que les résultats des évaluations pratiquées par l’équipe, vont permettre de préciser les besoins prioritaires de la prise en charge au moment de l’entrée.

Au cours de son séjour, le jeune va révéler peu à peu et de façon beaucoup plus précise ses difficultés et ses aptitudes (affectives, relationnelles, instrumentales) au sein de diverses activités, ateliers, groupe de référence et au cours des différents entretiens. Ce sont ces points qui, associés à la réflexion de l’équipe, vont permettre de mettre en place les éléments d’une prise en charge réellement individualisée qui procurera à l’adolescent un cadre lui permettant de se construire en tant que sujet.

Admission

Au moment de l’entrée dans l’établissement, le jeune doit être âgé de 12 ans au moins et de 17 ans au plus.

Le dossier de candidature adressé par le biais de divers réseaux est dans un premier temps étudié par la directrice de l’établissement et le médecin psychiatre. Puis, il est consulté par la chef de service éducatif et l’assistante sociale.

Après l’étude du dossier, trois orientations peuvent être prises :

  • le dossier n’est pas retenu, lorsque les difficultés de l’adolescent ne relèvent pas de notre établissement, ou le cas échéant, du groupe dans lequel il y aurait une place disponible ;
  • une information complémentaire est demandée auprès de la structure adressant le dossier ;
  • le dossier est retenu, un courrier est envoyé aux familles leur demandant de prendre contact avec l’établissement pour organiser un entretien en présence de la directrice et le médecin psychiatre.

Si l’indication paraît adéquate à la suite de cette rencontre, un séjour d’observation d’une semaine est proposé à l’adolescent. Dans certains cas, cette période pourra être renouvelée.

Séjour d’observation

Durant le séjour d’observation, le jeune va rencontrer l’ensemble des professionnels ainsi que les autres adolescents. Il participera aux multiples activités éducatives pratiquées à l’IME selon un programme prédéfini et communiqué à l’adolescent et à ses parents.

A l’issue de cette période, l’adolescent donne son point de vue sur ce qu’il a vécu à l’IME. L’équipe, au cours d’une réunion de synthèse, évalue les éventualités de prise en charge en fonction de son handicap ou de son inadaptation, de ses difficultés, de ses potentialités et des possibilités d’accueil en rapport avec la dynamique institutionnelle.

Dans le cas d’un avis positif, les grandes lignes du projet individuel de prise en charge sont esquissées.

Admission définitive

Lors de l’entretien de conclusion avec l’adolescent, les parents, le médecin psychiatre et la directrice, la décision d’admission sera prise par ce dernier en accord avec toutes les parties et subordonnée à l’avis d’orientation de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).

Aussi la directrice précise les termes du contrat moral entre l’adolescent, ses parents et l’établissement.

Dès lors l’accent est mis sur l’importance de la collaboration avec les familles tout au long du parcours de leur enfant. Différents cadres d’entretien et de rencontre sont prévus à cet effet.

Divers dispositifs

Quel que soit, dans chaque prise en charge individuelle, le statut des modalités spécifiques de l’intervention, la perspective globale reste l’action quotidienne de l’éducation spécialisée.

L’éducation spécialisée s’adresse au sujet et vise à lui donner ou redonner la maîtrise et la responsabilité de sa propre vie en assumant ses propres limites comme telles, et en l’aidant à acquérir les outils nécessaires à l’exercice de ses responsabilités personnelles, familiales, sociales et professionnelles.

Dans le déroulement de la prise en charge, le projet individualisé doit fixer les lignes de force et les moyens à privilégier, non dans un esprit de concurrence, et encore moins d’exclusion, mais dans une véritable collaboration entre tous les acteurs de la prise en charge.

En d’autres termes, une éducation spécialisée se doit d’avoir des effets thérapeutiques. Elle doit favoriser chez le jeune la verbalisation de sa souffrance, ou de ses difficultés sans laquelle le soin ne peut opérer.

Ainsi, les activités s’inscrivent dans une démarche vigilante qui prend en compte :

  • les défauts de symbolisation ;
  • la dimension déficitaire en oeuvrant contre le processus d’invalidation des potentiels cognitifs ou d’inhibition ;
  • les modes de fonctionnement pathogène et leur répétition afin de les transformer et d’empêcher leur fixation.

Dans ces activités, l’écoute est aussi bien orientée, en interne, vers les entretiens avec les multiples intervenants et, en externe, vers d’autres lieux spécifiques. C’est ainsi que la dimension thérapeutique, étroitement articulée avec la prise en charge éducative, cherche à rassembler les divers aspects de la personnalité de l’adolescent afin de mieux le comprendre et de l’aider à surmonter les difficultés qu’il peut rencontrer dans la réalisation de son projet.

Prise en charge médicale et psychologique

Prise en charge médicale

Le médecin psychiatre dont la fonction institutionnelle en fait le responsable de la santé mentale des adolescents, veille à la mise en œuvre et à l’adaptation du projet thérapeutique et rééducatif, en collaboration avec les autres membres de l’équipe. Il lui revient de mettre en place les prises en charges nécessaires sans toutefois s’engager lui-même de façon régulière et directe dans les interventions psychothérapiques qui nécessitent une suffisante distance entre l’intervenant et l’institution. Il est l’interlocuteur privilégié de l’équipe pour correspondre avec les autres médecins et équipes médicales.

Il effectue les entretiens cliniques en vue de l’admission, puis rencontre régulièrement les parents et leur enfant. Ces entretiens, dont certains sont menés conjointement avec l’éducateur référent et/ou la psychologue, ont pour but d’aider à verbaliser et prendre en compte les difficultés de l’adolescent dans sa famille, d’aider les parents à reconnaître leur enfant dans sont statut d’adolescent.

S’il apparaît qu’une demande d’ouverture psychologique individuelle fait jour, le médecin-psychiatre aide l’adolescent à la formuler et l’oriente, avec l’appui de sa famille, vers des consultations extérieures.

Dispositif psychologique

La psychologue lors des entretiens effectués à la demande du jeune, offre une écoute qui permet à l’adolescent d’exprimer ses désirs, ses émotions et ses conflits, ainsi qu’à entreprendre une élaboration de sa pensée et de son affectivité dans la reconnaissance de sa situation actuelle et des moyens à mettre en place pour atteindre ses buts. Autrement dit, il s’agit d’accompagner l’adolescent dans une dynamique où il puisse s’affirmer en tant que sujet et devenir acteur de son histoire.

Suivi infirmier

L’infirmière organise la visite du médecin généraliste et du dentiste qui examinent au moins une fois par an chaque adolescent. Ces interventions s’entendent dans un travail de prévention ; elles ne sont pas substitutives des soins qui doivent être assurés par la famille. L’infirmière peut à leur demande, les aider à mettre en place les consultations qui s’avéreraient nécessaires. La surveillance médicale présente un caractère essentiel et constitue la base d’un travail sur l’hygiène, la santé, le corps, assuré quotidiennement par l’infirmière.

Prise en charge éducative

Quatre groupes d’éducateurs référents dont trois groupes de deux éducateurs et un groupe de trois éducateurs accompagnent huit à neuf adolescents de leur admission à leur sortie de l’IME.

L’adolescent sera accueilli dans un groupe de référence. Ses éducateurs référents établiront avec lui un emploi du temps qui lui sera proposé selon ses besoins, ses demandes et les possibilités institutionnelles.

L’emploi du temps est fixé pour l’année, composé d’activités en groupe de dix jeunes maximum, animées le plus souvent par deux éducateurs : activités d’éveil, d’expression, de création, sportives et d’apprentissages scolaires ou pré-professionnels. Ces différentes activités amènent l’adolescent à rencontrer différents professionnels, à connaître d’autres adolescents, à multiplier les possibilités de réussite et de satisfaction favorisant la prise de confiance en lui-même.

Lorsque l’adolescent devient capable d’imaginer son avenir, de faire des projets et de prendre conscience de ses difficultés sans être paralysé, l’emploi du temps peut être ciblé, plus orienté, tant en ce qui concerne le monde du travail que son insertion sociale.

Dans ce dispositif, le rôle de coordination et d’animation du chef de service éducatif a entre autres pour but d’aider à la fluidité de la communication au sein de l’équipe éducative et de veiller à l’adéquation des projets individuels dans l’ensemble de la prise en charge quotidienne.

Prise en charge pédagogique

Les parents et le jeune sont informés que la mise en place d’un enseignement des techniques de base soit individuel, soit en petit groupe, ne s’effectue qu’à partir de la demande de chaque adolescent et du projet d’apprentissage scolaire élaboré avec lui.

Le contrat scolaire passé avec l’adolescent, outre les objectifs liés au projet pédagogique et pré-professionnel, est de le réconcilier avec les apprentissages, c’est-à-dire, tenir compte de leurs difficultés pédagogiques, psychologiques et sociales du moment.

C’est un travail sur leur représentation de ce que veut dire « apprendre », « savoir », « travailler ». L’adolescent devenu adulte entrera dans la société et sera perçu comme un membre à part entière des groupes sociaux.

Ce travail scolaire et socialisant ne peut se faire qu’en lien avec l’équipe soignante et éducative dans le projet global de l’établissement.

Dans le cadre de l’IME, la scolarité répond à l’obligation d’instruction scolaire, basée sur la maîtrise de la langue, les apprentissages de la lecture et les bases mathématiques, et sur la consolidation des acquis. Certains adolescents ont un niveau scolaire global sur lequel peut s’engager un processus de dynamique qui peut aboutir à une intégration vers un cursus habituel de section technique spécialisée.

Dans le cadre de l’IME, la scolarité est un moyen privilégié d’aider les adolescents à concilier un projet professionnel avec un minimum de connaissances et de compétences scolaires transférables dans la pratique.

Le projet scolaire doit se faire dans la durée, se travailler dans la continuité d’un projet éducatif personnalisé, qui demande de fixer les objectifs, les modalités d’application et d’évaluation au mieux de l’intérêt des adolescents.

Prise en charge sociale

L’assistante sociale articule le projet de l’adolescent, en lien avec l’équipe, avec les données sociales et culturelles du milieu familial. Elle se doit d’informer, d’accompagner et de faciliter l’adolescent et sa famille dans les nombreuses démarches administratives et les recherches diverses (loisirs, vacances) qui ont pour objet l’acquisition d’une autonomie partielle ou totale.

Orthophonie

L’orthophonie ou thérapie du langage consiste à agir sur le langage oral et écrit, la parole et la voix. Les jeunes accueillis présentent tous une déficience plus ou moins prononcée du langage tant au niveau oral qu’écrit. Le but de la prise en charge est de développer les acquis, de travailler les mécanismes de la lecture et de l’écriture avec pour priorité le plaisir de la langue.

L’intervention de l’orthophoniste s’articule autour de trois axes :

  • les prises en charge individuelles : pour les lecteurs autonomes, le travail consiste à enrichir le vocabulaire, affiner la compréhension et travailler l’imaginaire. Les lecteurs en cours d’acquisition consolident leur apprentissage. Les non lecteurs travaillent le langage oral pour le vocabulaire et la syntaxe ainsi que les pré-requis ;
  • le groupe "Contes-compréhension" : l’accent est mis sur un travail de compréhension et d’imaginaire à partir d’un livre ;
  • le groupe "Heure de lecture" : concerne de bons lecteurs et s’articule autour de jeux de lecture.

Psychomotricité

La psychomotricienne exerce ses compétences dans le cadre d’activités de groupe en lien étroit avec les éducateurs spécialisés. La possibilité d’une prise en charge individuelle en fonction d’un besoin ou d’une demande de l’adolescent et/ou de l’équipe peut avoir lieu.

Par la médiation de l’équitation, de l’atelier modelage et de l’activité piscine, la prise en charge s’axe sur le vécu et le ressenti de l’adolescent, lui permettant de travailler sur les différents aspects psychomoteurs (tonus, schéma corporel, coordination, équilibre, latéralisation, motricité fine, structuration spatio-temporelle), et aussi d’aborder, en fonction de la spécificité de l’activité la projection de soi, l’expression, l’imaginaire, la créativité, le toucher (terre), le désir de faire, de vaincre ses peurs et s’entraider, (piscine, équitation) ou encore aider l’adolescent à une meilleure maîtrise de soi à travers le respect et la compréhension de l’animal.

Tout ceci dans un but d’épanouissement et d’autonomisation de l’adolescent indispensable pour son projet de sortie.

Coordination institutionnelle

Chaque professionnel doit accepter que ses objectifs, si spécifiques soient-ils vis-à-vis tant de sa fonction que de sa conception personnelle, s’inscrivent dans le cadre de la prise en charge globale de l’adolescent et des finalités de l’Établissement.

Cette prise en charge globale à travers le projet individualisé s’avère d’autant plus pertinente que chaque professionnel a pu approfondir ses propres techniques, réfléchir à la spécificité de ses interventions, pour les articuler avec celles des autres professionnels.

C’est dans cette perspective que les réunions de réflexion institutionnelle ou réunions d’équipe abordent les points du projet institutionnel global et les événements de la vie institutionnelle (l’organisation ponctuelle, les problèmes relatifs au fonctionnement de la vie quotidienne, etc…).

Les réunions de synthèse garantissent l’unité de la prise en charge de chaque adolescent. Les différents points de vue, les différentes positions, écoutes et analyses doivent trouver ici leur complémentarité. Une synthèse, sous forme de compte rendu, est rédigée et incluse dans le dossier de l’adolescent.

Séjours thérapeutiques

Ce temps hors encadrement institutionnel est un des moments forts de la prise en charge.

Il s’agit de séjours par petits groupes, en situation d’internat qui permettent à l’adolescent de se prendre en charge sans l’aide des parents (toilette, habillement, rangement de ses vêtements et de sa chambre…), d’accepter les contraintes de la vie collective, de découvrir une activité, une région... et, pour la majorité, d’apprendre à se séparer de la famille.

Travail avec les familles

La collaboration entre l’établissement et la famille est essentielle pour le travail avec l’adolescent. En effet, la confiance du jeune envers les membres de l’équipe ne peut réellement s’installer s’il ressent une concurrence entre ses parents et celle-ci. Cette collaboration constitue d’ailleurs une condition lors de l’admission.

Une réunion d’information concernant le fonctionnement de l’Établissement a lieu en début d’année scolaire. Cette réunion rassemble les adolescents, leur famille et l’ensemble du personnel de l’Établissement.

Les informations à propos de l’adolescent se donnent au cours des entretiens entre les parents, l’adolescent et les membres de l’équipe, entretiens qui sont mis en place indifféremment à la demande des parents, de l’adolescent ou des membres de l’Institution. Les rencontres avec les parents sont l’occasion de les informer et de nous informer sur la vie du jeune dans tous ses aspects. Cette collaboration doit dessiner un accord sur les modalités d’aide, sur les exigences à maintenir, sur les attitudes à adopter. Le projet personnel, soutenu par les parents, peut alors aider l’adolescent à progresser dans tous les domaines : socialisation, maturation affective, acquisitions, relation en groupe…

Un groupe de parents centré sur l’échange a lieu une fois par trimestre le samedi matin. Chaque parent peut y apporter, à sa manière et selon la fréquence qu’il désire, ses soucis, difficultés, questionnements, aussi bien que ses satisfactions. Cette réciprocité donne aux familles la possibilité de sortir de leur solitude, de partager avec d’autres les mêmes soucis, inquiétudes, angoisses. Elle leur permet de trouver une écoute et un appui.

Enfin, le Conseil de la Vie Sociale (CVS) permet d’associer les usagers, les familles et le personnel au fonctionnement de l’Établissement.

Dossier de l’adolescent

Dès l’admission, un dossier est constitué pour chaque adolescent. Ce dossier est un élément fondamental de la traçabilité et de la qualité de la prise en charge. Il est un outil favorisant la communication et l’articulation entre les divers intervenants. La confidentialité des informations contenue dans le dossier de l’usager est assurée par l’établissement.

Conformément à la loi 2002-303 du 4 mars 2002, les représentants légaux de l’adolescent peuvent demander à prendre connaissance du dossier par l’intermédiaire d’un médecin de son choix en adressant une demande écrite à la directrice de l’IME, tant que l’enfant est mineur et à condition qu’il ne s’y oppose pas. Ce droit revient à l’intéressé lui-même lorsqu’il est majeur.

Sortie

Dès l’admission, l’adolescent et ses parents sont informés que le séjour dans l’établissement ne peut aller au-delà de la vingtième année (ou éventuellement jusqu’à la fin de l’année scolaire au cours de laquelle le jeune fête ses 20 ans).

Cette limite a pour but de mobiliser tous les acteurs (l’adolescent, ses parents et l’équipe) afin de dynamiser l’évolution du jeune et lui permettre de trouver l’orientation la plus satisfaisante et adéquate pour sa vie d’adulte.

Par contre, la sortie peut être prononcée plus tôt si une nouvelle orientation mieux adaptée au projet personnel du jeune se concrétise, ou bien si le jeune ne tire plus aucun bénéfice de son séjour dans l’établissement et qu’il n’apparaît pas possible de modifier cette situation sans mettre en place un autre type de prise en charge.