Les boîtes à mots

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Interviewée, Alexia Duplessis, orthophoniste à l'hôpital de jour Boulloche, nous relate les raisons ayant motivé la création de ses Boîtes à mots, fruits d'une expérience professionnelle. Huit années entre l'idée et la concrétisation et la présence d'une maison d'édition qui accepte de se prêter au jeu.

1 – Comment est née votre envie de créer Les boîtes à mots ?

Lors de la passation de mes premiers bilans à l’hôpital de jour Boulloche, j’ai investigué les capacités de « langage figuratif » et je me suis vite aperçue des limites, des difficultés rencontrées par les enfants au niveau des représentations symboliques, des capacités d’imagination et d’abstraction. Les enfants présentant « des troubles psychotiques » n’ont pas tous la capacité à jouer avec le langage, avec la pensée, il n’y a pas de possibilité de distanciation, de recul, ni d’interprétation par rapport au langage. Ils « collent » au sens littéral des mots, à leur sens propre. Au vu de leurs difficultés, j’ai souhaité mettre en place et animer un atelier « jeux de mots ».

J’ai tenté d’améliorer, de façon ludique, leurs capacités langagières autour de mots croisés, de mots mêlés, de rébus et d’expressions imagées. Les rébus et les expressions imagées étaient des jeux de langage très appréciés et demandés par les enfants. J’ai beaucoup dessiné dans le cadre de cet atelier, je préparais les rébus car il n’existait que très peu de jeux proposant cet outil de travail. J’ai donc eu très vite une réserve de rébus en ma possession que j’ai voulu exploiter et partager avec mes collègues orthophonistes.

L’idée, l’envie et la matière étaient là, le plus difficile a été de trouver une maison d’édition qui croit en mon projet et m’accompagne dans la réalisation de ces deux jeux. Il a fallu 8 ans entre l’idée et la concrétisation de ce projet de jeux.

2 – À qui s’adressent ces jeux et plus précisément, en quoi répondent-ils aux besoins d’enfants ou d’adolescents présentant un trouble plus ou moins grave de la personnalité ou une déficience intellectuelle comme dans notre IME ?

Ces jeux sont des véritables outils pour travailler autour et sur le langage. Ils permettront aux enfants présentant un trouble plus ou moins grave de la personnalité, de prendre de la distance par rapport aux mots tout en jouant avec. Le jeu des rébus rend possible un travail autour de la discrimination phonologique, de l’articulation, de l’évocation, du vocabulaire, de l’orthographe. Il développe les capacités de mémoire de travail, de déduction et d’attention et de repérage spatio-temporel. Les rébus amèneront les enfants à la découverte d’une « nouvelle langue » et les initieront au langage écrit. Le travail autour des expressions imagées a pour but d’affiner le langage oral et de travailler le langage écrit.

Ces jeux s’adressent aussi aux enfants « adaptés » à partir de 5 ans pour les rébus et à partir de 7 ans pour les expressions imagées, aux adultes et aux personnes âgées.

3 – En institution, à l’école, comme à la maison, comment peut-on les exploiter ?

Ces jeux peuvent être proposés en séance individuelle ou en atelier dans les institutions (hôpital de jour, CMP, CMPP, SESSAD…), en milieu scolaire (à partir de la grande section de maternelle pour les rébus), dans les  centres de rééducation fonctionnelle pour les enfants ou les adultes (pour les personnes ayant des séquelles neurologiques après un accident cérébral ou un traumatisme crânien) et dans les maisons de retraites ou Ehpad (pour des personnes présentant des troubles neurologiques ou neurodégénératifs). Ces jeux peuvent être une base pour créer d’autres jeux (loto, mémo…) laissant libre cours à la créativité des professionnels qui les utiliseront et l’adapteront à l’âge (réel ou mental) des patients ainsi qu’à leurs troubles.

4 – Où peut-on se procurer vos jeux ?

Les « Boîtes à mots » (Rébus et Expressions imagées) se trouvent sur 3 sites marchands :

  1. savoir-jouer.com
  2. mot-a-mot 
  3. espace-orthophonie