Journée associative : Chrystèle Bouix-Esnard

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Journée associative : discours de Chrystèle Bouix-Esnard, directrice adjointe de l'IME

À plusieurs !

À mon arrivée en septembre 2018, je me suis sentie « balancée » dans un héritage institutionnel complexe, sans support de transmission écrite ou orale de la direction précédente. Et il m’était demandé par le siège (qui avait lui-même peu d’éléments concrets ) d’aider à la transformation de l’institution sur une demande des autorités de contrôle.
Pas seule bien sûr, mais avec Armelle Cadoret qui devait arriver 5 mois plus tard.
Dur défi donc ce début ! Quelques fois douloureux, je dois l’avouer ! Défi pour penser et pour agir !

Mais l’arrivée du Dr cadoret puis de Madame Vassal a permis d’être à plusieurs à réfléchir, pour continuer d’avancer. Quel soulagement ! Et puis un jour, dans la continuité des réflexions, le professeur GOLSE m’a invitée à penser le roman familial de l’institution. Ensuite, c’est Pierre Delion qui, beaucoup plus tard, nous interpellant tous en supervision sur les fantômes dans les placards, m’a permis de poursuivre, de continuer à penser et non plus subir cette rencontre frontale d’une histoire ancienne qui insistait !

J’ai appris avec eux et aussi auprès des jeunes et d’une équipe qui se renouvelait petit à petit, à construire une nouvelle histoire.
Aujourd’hui, je regarde différemment les ratages du début. En effet, ces ratages, incarnés par beaucoup dont moi-même, avec leur cohorte parfois de colère, de déception, d’attentes, d’incompréhension commencent, depuis un certain temps déjà, à se parler, se partager, s’écouter, se penser pour créer une dynamique institutionnelle, incluant la participation de chacun avec le style qui lui est propre.

Pour autant je ne me leurre pas car des ratés/ratages nous en rencontrerons certainement d’autres.
Mais ensemble nous raterons mieux car nous continuerons à nous signaler nos erreurs. Nous allons ainsi continuer à acquérir, chacun, ensemble, avec d’autres, des connaissances théoriques et cliniques et mêmes administratives ( et oui en tant que directrice adjointe j’ai mon lot. Et, bien que chronophage, je m’emploie à ce travail uniquement dans l’objectif de protéger notre travail clinique).

Nous allons encore tenter de nous approprier, et j’espère qu’on y parviendra, ce que l’on nous a déjà transmis dans nos histoires de vie, dans nos formations collectives et individuelles. Nous continuerons à échanger entre nous, et avec ceux qui arriveront, la richesse de nos observations, de nos questionnements ou de nos propositions.

Notre désir d’élaboration a créé des lieux, des temps de transmissions dans la reconnaissance de l’altérité de chacun.
Et ce désir est là pour accompagner ces adolescents si différents !

Le 22 mars 2024